Une mise au point plus qu'une revolution

Vous recherchez un chausson d’escalade capable d’offrir une précision maximale sur les terrains raides, les petites prises et les passages de bloc les plus exigeants ? La Red Chili Voltage III pourrait bien répondre à vos attentes. Stefan, grimpeur expérimenté et testeur chez Bergzeit, a mis à l’épreuve ce modèle haut de gamme afin d’évaluer ses performances dans des conditions réelles.

Cela fait un certain temps que je n’ai pas testé de chaussons d’escalade. Ma curiosité n’en était que plus grande lorsque la troisième génération du Red Chili Voltage a atterri sur mon bureau. Présente sur le marché depuis près de dix ans, la gamme Voltage s’adresse, aujourd’hui comme à ses débuts, aux grimpeurs sportifs confirmés ainsi qu’aux passionnés de bloc à la recherche de performance.

En résumé : les grimpeurs qui pratiquent régulièrement l’escalade sportive dans le dévers ou le bloc et qui possèdent un avant-pied de largeur moyenne à large trouveront rapidement leurs repères dans la Voltage III.


Les caractéristiques du Voltage III

  • Forme : forme standard à légèrement plus large, particulièrement adaptée à la forme de pied grec.
  • Semelle : semelle Vibram XS Grip : Red Chili conserve le mélange XS Grip qui a fait ses preuves et ne mise pas sur la version plus souple XS Grip 2.
  • Agressivité : ensemble complet de caractéristiques de performance avec pré-tension, downturn et asymétrie.
  • Fermeture : deux fermetures Velcro, désormais légèrement mieux adaptées à la forme anatomique du pied.

Après avoir longtemps utilisé la première génération, je me suis demandé : qu’est-ce qui a changé depuis ? Le Voltage III a-t-il simplement été redessiné, ou a-t-il été amélioré là où il le fallait ?

Que signifient concrètement les caractéristiques de ce chausson ?

Précontrainte, courbure vers le bas et asymétrie : cette simple énumération suffit à indiquer clairement la direction prise. La précontrainte concentre la transmission de la force sur l’avant-pied, ce qui permet de mettre efficacement en charge même les prises petites et précises. C’est notamment dans les voies d’escalade sportive en surplomb ou lors du Bouldering sur de petites prises que la chaussure dévoile tous ses atouts.

Dans ces situations, il s’agit de transmettre le plus de tension possible directement du corps vers la prise. En revanche, la Red Chili Voltage III se montre moins convaincante sur les longues dalles ou dans les passages nécessitant un travail très fin de l’adhérence sur des prises peu marquées. Les grimpeurs à la recherche d’un chausson particulièrement souple, capable de restituer avec précision chaque détail du rocher et d’offrir un maximum de sensibilité, trouveront probablement des alternatives plus adaptées à ce type de pratique.


Choix de la pointure et ajustement

Comme avec la première génération, j’ai choisi la pointure 42 alors que je porte habituellement du 42,5. Une fois de plus, cette taille s’est révélée parfaitement adaptée à mon pied. Le cuir suédé utilisé pour la fabrication du chausson se détend légèrement au fil du temps et s’adapte progressivement à la forme du pied. D’ailleurs, j’appréciais encore davantage mon ancien Voltage 1 après plusieurs semaines d’utilisation qu’au moment de son achat. Cet aspect mérite d’être pris en compte lors du choix de la pointure.

Premières impressions et test pratique

Dès le premier essayage, on remarque que la Voltage III semble un peu plus souple que son prédécesseur. La partie avant du pied, en particulier, a été nettement remaniée et semble moins massive. Il faut bien l’admettre : la comparaison directe avec un modèle précédent datant de plusieurs années et donc déjà bien rodé n’est pas tout à fait équitable.

Comme avec tout nouveau chausson d’escalade, la phase de prise en main commence ensuite. Quelques essais à la maison, plusieurs séances sur le mur d’entraînement et à la salle de bloc permettent progressivement au chausson de s’adapter au pied tout en révélant son caractère. Direction les gorges du Tarn, réputées pour leur calcaire sculpté et leurs nombreuses prises à doigts. Sur les voies raides aux préhensions franches, la Voltage III se sent immédiatement dans son élément. C’est précisément là que résident ses points forts.

La précontrainte facilite sensiblement le maintien sur les petites structures et procure un grand sentiment de sécurité.

En raison d’une blessure, je ne m’attaque pas aux voies les plus difficiles, mais nous commençons à nous habituer l’un à l’autre, le Voltage et moi. À mon goût, ces chaussures sont encore un peu rigides au début. Cela devrait toutefois s'améliorer avec l'usage. Ceux qui recherchent une chaussure d'escalade particulièrement souple et réactive ne trouveront de toute façon pas leur bonheur ici. La Voltage reste une chaussure conçue pour offrir tenue et précision, et seulement dans un second temps pour le confort.

Conclusion : un concept qui a fait ses preuves, avec des adaptations judicieuses

À première vue, le chaussant d'escalade Red Chili Voltage III ne semble pas entièrement nouveau, mais plutôt une évolution logique de son prédécesseur. Et puis, j'apprécie également sa couleur ! Après les premières sorties, cette impression se confirme : La Voltage III s’adresse donc avant tout aux grimpeurs ambitieux en quête de précision et de performance.

Que ce soit en falaise sportive ou en bloc, elle constitue un excellent choix pour les sorties engagées où chaque détail compte. Ceux qui appréciaient déjà les générations précédentes s'y retrouveront sans doute rapidement. Dans le même temps, cette troisième génération semble un peu plus aboutie et plus confortable. Il est toutefois encore trop tôt pour porter un jugement définitif après ces premières sorties. Il sera particulièrement intéressant de voir comment la chaussure évoluera après quelques mois d'utilisation – car, tout comme son prédécesseur, elle pourrait ne révéler ses meilleures qualités qu'après une certaine période de rodage.

À propos de l’auteur

Stefan Rehm

Enfant déjà, ce natif de la Haute-Bavière passait beaucoup de temps à la montagne. Dès qu’il s’est pris de passion pour l’escalade, il emportait généralement son matériel d’escalade avec lui. Après dix ans d’exil, ou plutôt de stage d’entraînement, en Franconie, il s’adonne à nouveau à sa passion dans les Préalpes.